« 24 juin 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16334, f. 304-305], transcr. Armelle Baty, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2459, page consultée le 06 mai 2026.
24 juin [1838], dimanche après-midi, 1 h. ½
J’ai bien du regret mon petit homme chéri que tu ne puisses pas nous mener au Théâtre-Français ce soir à une heure possible. Même en ne nous arrêtant pas et en mettant les morceaux doubles, nous ne pourrions pas être prêtes à partir à six heures. Si j’étais seule, je ne dis pas, parce que rien ne m’arrêterait pour aller vous admirer, mon amour, mais je ne peux pas imposer mon enthousiasme à tout le monde. Quand je dis imposer, je m’exprime mal, je veux dire que je suis forcée de donner à dîner à Mme Pierceau auparavant de la mener à MARION. Si tu pouvais toi-même [transposer ?] l’heure de ton dîner et venir me prendre tout de suite à pied tu serais bien i et je t’aimerais de toute mon âme. Mon cher petit homme, je vous aime, je suis bien heureuse et je vous adore. Il fait une chaleur de chien, je voudrais bien attraper des coups de soleil autre part que dans mon alcôve. Je donnerais un doigt et même tous les doigts des mains et des pieds pour être avec vous aujourd’hui au Mont-Saint-Michel.
Juliette
« 24 juin 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16334, f. 306-307], transcr. Armelle Baty, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2459, page consultée le 06 mai 2026.
24 juin [1838], dimanche soir, 6 h.
Il est six heures à ma pendule etMme Pierceau n’est pas encore venue, ce qui te prouve, mon bien-aimé, que j’avais raison de ne pas m’engager à être prête à 6 h. puisque à cette heure-là, c’est tout au plus si la mère Pierceau sera arrivée. Cependant je tiens plus que jamais à voir ma Marion. Tu serais bien gentil si tu dînais de ton côté de bonne heure et si tu venais tout de suite après me prendre pour aller au théâtre. J’ai là votre romance, elle est très sentimentale et a dû faire connaître dans ce temps-là quel poète vous seriez un jour. Je voudrais bien avoir l’original de Virelai avec les vignettes, ça doit être bien ravissant. Si par un tour de passe-passe bien exécuté on pouvait la retirer des griffes du beau-père, ça m’arrangerait assez pour ma collectiona et pour mon amour car vous savez que tout ce que vous avez touché me devient une relique sacrée. Je t’aime, toi si tu m’aimais seulement le demi-quart de moi, je serais bien heureuse et bien fière. Jour vous, jour toi, vous m’avez trahie tantôt avec une femme en cheveux1. Si je vous y attrape encore, vous verrez !
Juliette
1 Sortir sans coiffe, « en cheveux », est un signe de vulgarité.
a colection ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.
- Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
- MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
- 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
- MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
- 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
- 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
- 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.
